12 février 2005 Les Corons Puent, Lutèce Borgia, Brigitte Bop à Rouen « Le Brooklyn café »

Samedi 13h30. Chargement du matos sous une pluie battante et un vent à vous décoiffer un skin. Décollage à l’heure direction la Normandie : tiens, on n’a pas oublié quelque chose ? Mais si Bastien ! Qui nous rejoindra direct au concert pour cause d’obligations. Gob en profite pour  » poutcher  » une programmation musicale à base de Who et autres Franz Ferdinand. Ça faisait bien 2 mois qu’on n’avait pas profité du charme de la N154 avec ses sympathiques rond-point bétonnés, ses étendues de blé transgénique à perte de vue, ses casernes militaires et autres agences locales du Crédit Agricole… Histoire de passer le temps, Loïc teste l’adhérence du Vito dans les ronds- points genre Rallye III je passe à la corde ! Arrivée à Rouen grâce à nos raccourcis habituels et 1ère étape au coin des diablotins. A peine le temps pour Cédric d’offrir sa tournée, qu’on voit Bébert (de l’association punkahontas ) se pointer avec son chien et sa bonne mine de lendemain. S’ensuit une discussion-débat sur le mal de tête, sur fond de bière et d’ACDC. 18H : transfert vers le Brooklin avec Bébert en co-pilote road manager. Presque tout le monde est déjà arrivé : pas mal de connaissances rencontrées dans des excursions et aventures précédentes. Installation du matos en 2 temps 3 mouvements grâce à l’aide efficace de la Punkahontas team. Vu qu’on ne fait pas de balances par décision unanime, on peut donc se livrer à une fucking baby-foot party arrosée d’apéro sur fond de Lutèce Borgia en plein « sound check » comme disent les mecs qui maîtrisent en anglais. Ma tête d’ampli Marshall en profite pour griller deux fusibles ce qui est un présage assez moyen pour un guitariste de province superstitieux. 22H. Le bar commence à se remplir. Les Corons Puent démarrent la soirée sans fioritures et chauffent bien les fans de punk oï avec les chœurs comme au stade (Lens ou Lille ?) et le saxophone. A noter les tubes : classe ouvrière, supporters, Raymond le cureton  (dans le style années 80 comme il se doit). Quelques têtes connues font leur apparition ; Sid, le public des diablotins… tandis que ma tête d’ampli disjoncte pour la troisième fois. On la remplace illico par une autre de secours. S’ensuit une discussion technique de haut vol avec Eric de Lutèce Borgia sur la cause du court-jus : rallonge défectueuse, transfo d’alim HS, bug de l’an 2000, virus polymorphe, grippe du poulet, sabotage ? Quelques Kanters plus tard, Lutèce Borgia enchaîne la soirée avec un set mélangeant morceaux punk et oï sans prise de tête avec une belle reprise de Jaurès Stalingrad de La Souris. C’est l’heure d’une réunion en backstage afin de tenter un ultime sauvetage de la tête Marshall. Comme solution d’urgence, on décide de remplacer le fusible d’origine avec la méthode Mic Gyver : fusible court + morceau de canette de kanter + embout de l’ancien. Les lampes s’allument d’un orange brillant comme quoi y’a pas qu’à la télé que ça marche ! Bastien nous rejoint dans la chaleur du Brooklyn tandis que Lutèce Borgia termine son set. Le temps d’aller faire pisser le chien de Bébert resté dans le camion, c’est l’heure d’y aller. Il est tard, une bonne partie du public est carrément attaquée provoquant un pogo sauvage dès le 1er accord. A partir de là c’est un peu la bataille de Verdun avec attaques frontales, micros qui volent, choeurs improvisés, sono qui larsen dans tous les sens, tête d’ampli qui crame au 2ème morceau. On se croirait dans la mêlée du France Angleterre ! Le match ou plutôt le concert est entrecoupé d’interventions afin de calmer les gaulois les plus chauds du village. Le set, plutôt chaotique mais enchaîné comme en 14, s’achève dans un sympathique bordel sans blessés ni casse avec rappels et spéciales dédicaces à Daniel Guichard, Garage Lopez, Portes Mentaux, Julien Lepers avec les potes de Bébert aux choeurs. Fin de soirée avec les organisateurs et trices qui tiennent le choc. Rangeage, discutage, remerciage et décollage dans la froide nuit Rouennaise… « Happy days and sleepless nights », comme chantaient les Dogs. A près une nuit courte interrompue par l’arrivée inopinée de Cédric et les ronflements de Gob, on reprend la route à travers l’inoubliable Beauce pluvieuse direction Vienne en val sur fond du Grand détournement et Roadrunners. C’est pas tout ça mais faut qu’on révise le patois ch’ti pour vendredi…. Merci spécial aux guerriers de la punkahontas asso, à diablotin assoiffé et à bison futé.

Extrait du site Brigitte Bop