28 juin 2003 Week-end caravaning, Steph Tess, M. ouvre la libido, Marc.o, Schizo 99, les Massacreurs, Brigitte Bop à Juigné les Moutiers « Bar La Boulaie »

What a fuckin’ week-end ! comme diraient nos amis anglophones. Joël et sa copine nous avaient invités à participer au dernier concert à La Boulaie, un splendide café-concert dans lequel on avait déjà sévi 2 fois auparavant. On avait accepté l’invitation avec un plaisir non dissimulé, bien qu’attristés d’apprendre la fermeture d’un endroit aussi exceptionnel. En plus, c’était notre premier concert en Vitolux ! On a donc pris la route tous les 5 après avoir chargé le matos, direction La Boulaie, où on est arrivé avec nos 2 heures de retard syndicales, mais avec un gyrophare sur la camionnette bleue marine, histoire de ne pas passer inaperçu ! On a retrouvé avec plaisir Marc.o, quelques habitués et Joël, qui nous a tout de suite coller un goblet houblonné bien frais dans les pattes. Il n’y a pas à dire, si je n’étais pas hétérosexuel convaincu et déjà marié, je l’épouserais bien le Joël ! Bref, on déballe rapidement le matos, on fait une balance rapide grâce à Marc.o et au sonoman des Schizo 99, et comme le temps passe, il faut déjà aller nous restaurer. Qu’à cela ne tienne, une tablée énorme couverte de boissons diverses, salades, pain, fromage, bonbons et Chili nous tend les bras et les bancs ! Mais comme c’est l’été et qu’il fait beau, on commence quand même par mettre une claque à la bouteille de « jauniot » (nom berrichon d’une boisson anisée bien connue des pétanqueurs). Une fois notre estomac bien rempli, la longue et dernière soirée de la Boulaie peut commencer, avec Week-end Caravaning : un duo de clowns à cascade, traumatisme de poisson rouge et feu d’artifice. C’est drôle et le public ne s’y trompe pas. La partie musicale de la soirée débute à la tombée de la nuit avec Steph Tess (le « papa » de Maradona, la chèvre rencontrée lors de notre 1ère visite), un voisin sympa tout seul avec sa gratte. « R. ouvre la libido » prend la relève avec sa poésie accompagnée. Olivier nous déclame avec fougue ses poèmes loufoques, drôles et émouvants sur fonds de samples, de petites notes de guitare, de flûte et de divers petits instruments. Derrière s on pupitre fait de caisses de bières, il se livre pour notre plus grand plaisir et on n’en redemande. Que du bonheur ! Arrive ensuite le fameux Marc.o, Gloire locale de la chanson française ! On connaissait le bonhomme mais pas sur scène, et bien c’est excellent. Textes, musiques, attitude, bla-bla et pastaga entre les morce aux, tout est bon ! Il est forcé par l’assistance de faire un nouveau morceau en rappel avec les parole s sur un pupitre façon « école de musique », et même comme ça, il a la classe. Votez Marc.o, ça vaut mieux que Sarko ! Place ensuite aux musiques amplifiées, comme disent les Ministres de la Culture. Schizo 99, groupe parisien de hard-core fusion agressif a commencé et fini son set avec un White Riot très respectueux. Pour le reste, c’est bien fait, genre « pow pow dans  ta face », mais l’ambiance était plus à la décontraction campagnarde qu’à la violence urbaine façon Guerre des gangs. Ca l’a fait quand même, il faut dire que le chanteur n’est pas un débutant, vu qu’il a déjà officié dans Hoax et les Trotskids. Avec tout ça, il est déjà 2 heures du mat’ quand on monte sur scène et le pourcentage de jauniot dans le sang, le cerveau et les yeux de la section rythmique ne laisse pas présager un set très énergique. Ajoutez à ça des lights jaunes (encore du jauniot ?!?) dans la tronche à Loïc qui n’y voyait pas à 2 mètres, Yann qui casse une corde de basse en plein milieu du set et moi qui me prend des châtaignes électriques dès que je m’approche du micro, et ben ça n’a pas été facile. Heureusement, le public de la Boulaie est sympa et les punx et skins loc aux nous aiment bien. Leur pogo, leur bonne humeur et leur chants révolutionnaires entre les morceaux nous ont permis de tenir jusqu’au bout. Merci à eux encore une fois, car c’est aussi grâce à eux si la Boulaie était un lieu magique ! (Non Bruno, c’est pas de la démago comme toi, c’est vrai! !) On a donc copieusement malmené la liste en changeant l’ordre et en rajoutant des  morceaux, tant et si bien qu’avec le  rappel, on a pratiquement joué tous nos morceaux. Les chose auraient pu en rester là, mais je vous l’ai  déjà dit, la Boulaie est un lieu magique et une bande de quadras tarés sont venus participer à la fête : Les massacreurs (à moins que ce ne soient les massacrors ?). Ce groupe est composé d’un chanteur fou à calvitie, futa l « vache », collant rouge avec fausse  teub et burnes vert pomme, chaussons Simpsons et veste léopard (la classe, quoi), un accordéonist e sosie de Didier Wampas, une choriste qui sourit et danse, un gratteux et un bassiste qui se marrent. Ne pouvant ri en refuser à un mec avec une veste léopard, c’est avec grand plaisir qu’on leur a prêté notre matos : ampli, batterie et ba tteur. Et oui, le Lolux a encore fait une soirée à rallonge, car  les Massacreurs jouent habituellement avec une boite à rythme, mais plutôt que de se faire chier à brancher leur machine, il ont emprunté la nôtre. Lolux, devenu Roland  Massacreur (du nom de l’habituel batteur électronique) s’est donc plié à toutes les facéties du chanteur-dictateur (comment ça il a  l’habitude ?) pour les débuts et fins de morceaux, les breaks, les chorégraphies et les déguisements. Et nous, pendant se temps-là, on s’est bidonné comme des gosses devant les délires des Massacreurs : reprises stupides avec paroles sord ides entre Au bonheur des dames et Gogol 1er, rock n’ roll pogotoïde et chanson réaliste, cassage de guitare en bois  et arrachage d’oreille de chien en peluche. On retiendra l’Internationale devenue la partouze finale, les filles de mon pays avec paroles à la Trotskids, « j’ai niqué un chien, je sais c’est interdit, mais qu’est-ce que je lui ai mis », j’en passe et des meilleurs. Après une quinzaine de  » c’est le dernier morceau », c’est finalement une écharde de 10 cm dans le pied qui a eu raison du chanteur et qui a ramené le calme sur la Boulaie vers 4 heures du mat’. La bière et l’envie de ne pas en rester là nous ont emmenés à saluer le retour du jour à coup d’accordéon et de percussions. On a lâché l’affaire vers 7 h 30 – 8 h 00, laissant Marc.o, Joël et quelques locaux à leurs bavardages d’alcooliques. A notre réveil vers 10 h,  on les a retrouvés à la même place. Après un petit déj’ et quelques discussions fondamentales, on a fini par remonter da ns le Vitolux, rebrancher le gyrophare et décoller de la Boulaie pour la dernière fois. Encore 100 milliards de mercis  à Joël et à tous ceux qui ont participer à cette soirée qu’on est pas prêt d’oublier. En espérant se revoir bient ôt, dans une Boulaie au bord de la mer par exemple !

Extrait du site Brigitte Bop