BLUES CONDITION

1968-1971

Membres

Joël Bricout (batterie) …
Christian Chastel (Basse) ,
Guy Soulat (Chant)
Daniel Walczak (Guitare),

Roadies (Jean-Claude Courage et Jean-Marie Beauclair)

BIOGRAPHIE

Au départ de l’aventure des blues conditions, il y a l’histoire d’un mec…
Un Mec dingue de soul music et de rock anglais, qui chantait haut et fort dans tous les couloirs de son lycée de Tours fin 1967..
Un jour, il fut abordé par un boutonneux qui lui a demandé si ça lui dirait de chanter lors d’un festival pop organisé par les groupes de la région, au palais des sports de tours en début juin 1968 !
Après la réponse affirmative du mec, le boutonneux membre d’un groupe d’Amboise, essentiellement musical parce que sans vrai chanteur, lui a dit qu’il faudrait que le mec apprenne à chanter en mesure et de préférence dans la tonalité choisie !!!!
Après la cantine du midi, pendant près de 6 mois, le mec et le boutonneux avec sa gratte, ont travaillé les 3 morceaux choisis dont la durée ne devait pas dépasser 20 minutes. Il s’agissait de Motorpsycho Nightmare ( Bob dylan), I’m a King Bee ( Slim Harpo/Rolling stones) et Satisfaction (R.Stones).
001Le jour J, le mec en faisait dans son froc car il n’avait jamais chanté en public. Le Palais des sports était plein (1000 personnes) et 20 groupes devaient se produire….Les plus connus comme Alan Jack Civilisation passaient en dernier. Le festival a commencé vers 20h00 et s’est terminé à 5 heures du matin. Le mec a eu le bol de passer après un groupe assez merdique qui s’était tiré après avoir été sifflé pendant 10 minutes…
Sans se dégonfler le mec a commencé à chanter en exhibant un jeu de scène très rock, entre Mick Jagger et Johnny Hallyday…Après quelques secondes de surprise, le public a commencé à applaudir et a encourager le mec..I’m a King Bee fut écouté poliment (peu connu !), mais satisfaction fut du délire surtout que le jeu de scène était lui aussi délirant, le mec se roulant par terre….
C’est là que le mec se dit qu’il pourrait essayer de monter un groupe de rock pour faire découvrir la musique qu’il aimait.
Le mec n‘allant a priori pas rester à Tours mais supputant qu’il poursuivrait, sans doute, ses études à la fac d’Orléans, il se dit qu’il faudrait qu’il s’y fasse connaître.
En ces temps ancestraux, Europe n°1 qui ne s’appelait pas encore Europe1,  organisait dans une vingtaine de villes, un concours réservé aux amateurs, qui s’appelait les numéros uns de demain. Le mec décide de s’inscrire pour les sélections qui avaient lieu au théâtre d’Orléans, un des derniers samedi de Juin 1968.
Compte tenu du contexte, le mec décide de concourir avec une chanson française, en l’occurrence, « Chacun pour soi » d’Eddy Mitchell !
Les sélections avaient lieu l’après midi, 10 futurs numéros uns étaient retenus et passaient le soir en première partie d’une pseudo future vedette managée par les disques AZ (Filiale d’Europe n°1)…
En fait il y avait un mini orchestre (un pianiste, un contrebassiste et un batteur). Le candidat se pointait avec sa partoche et devait chanter devant un jury de 3 membres d’Europe n°1….
La plupart des candidats, qui étaient au nombre de 50, n’avaient jamais chanté accompagné par un orchestre, ne savaient pas dans quelle tonalité, en fait ne connaissaient que la version du disque…
Le mec se souvient d’une nana qui avait voulu chanter « il est mort le soleil » de Nicoletta et après 5 démarrages infructueux, un gars du jury lui a dit, « merci Mademoiselle, c’est sur qu’il est mort « …
Le mec qui savait dans quelle tonalité il chantait et surtout qui savait suivre le rythme imposé par l’orchestre, ne chanta qu’un couplet, le jury l’interrompant d’un « merci, c’est bon ??? »
Après l’audition des 50 postulants, le jury donna la liste de ceux qui restaient pour le concert du soir et qui devait répéter chacun leur tour avec l’orchestre, l’intégralité du morceau. Le mec était dans les dix !!!
15 Minutes pour répéter et vers 19h00, fin de la séance. Tirage au sort de l’ordre de passage (le mec devra passer en 7ème position), remise du carton pour pouvoir accéder au coulisse et rendez-vous à 20h30…..
21h15, le mec arrive sur scène présenté par Harold Kay…Il chante et avec son jeu de scène frénétique, déclenche les applaudissements des plus jeunes…21h45, le jury donne les résultats (mixte entre les applaudissements et les votes des « professionnels ») , le mec est 3ème..Donc il n’ira pas à Paris pour la grande finale des numéros uns de demain.
Le mec se dit alors qu’il y avait peut être des musiciens dans la salle du théâtre d’Orléans, qui seraient intéressés pour monter un groupe de rock avec lui.
Il passa donc une annonce dans un petit canard gratuit (le 45) : Cherche Musiciens pour monter un groupe de Rock. Contacter le Mec….45400 Fleury les Aubrais.
Une semaine plus tard, on frappe à sa porte. Un jeune de son quartier vient lui dire qu’il était intéressé car il jouait de la basse. Après avoir confronté leurs goûts musicaux, Le mec lui dit qu’il ferait parti du groupe. C’était C.C..
La même semaine, le mec reçoit une lettre d’un certain D.W. qui se disait ancien pro (il avait accompagné notamment Jo.Dassin et Claude François) et qui était intéressé pour participer à la création d’un groupe « amateur ». Il donnait ses préférences musicales : Ten Years After, Jimi Hendrix, Cream et Chuck Berry). Il habitait à Orléans Quai Barentin, mais n’avait pas de moyen de transport !
Le mec se dit que c’était sérieux. Le mec avait un ami, prof au conservatoire, à qui il demanda de venir avec lui pour rencontrer le guitariste.  Le gratteux avait une belle guitare HOFNER rouge mais pas d’ampli. Il se brancha sur son électrophone et se mit à jouer. Mon ami me fit un signe du pouce pour me montrer que le gratteux touchait sa bille. Au bout de 2 minutes, je lui dis d’arrêter et que je serais super content qu’il soit dans le groupe. C’était fait, D.W. était le guitariste du groupe. On a discuté près d’une heure pour se mettre d’accord sur le style du groupe et il m’annonça qu’il avait commandé un ampli et des HP Celestion car il comptait fabriquer lui-même ses deux baffles. Avant de partir, il insista sur le fait qu’il faudrait répéter suffisamment longtemps, et que tant que le groupe ne serait pas au niveau, il était hors de question de se produire sur scène….
Pour le mec il ne manquait plus qu’un batteur…Et trouver un bon batteur c’était pas évident. Le mec accompagné soit de D.W. ou de C.C. ou des deux, auditionna un tas de gus qui se disaient batteurs.. Finalement on trouva un jeune débutant qui avait une batterie et qui prenait des cours auprès d’un bon batteur de la région. On se dit qu’il fallait bien débuter et c’est comme ça que G.B. fut notre premier batteur.
Pour travailler ensemble il faut une salle de répétition, permettant de préférence de stocker le matos. En ces temps ancestraux, on risquait moins de se faire cambrioler que d’attraper la chtouille !
Le mec eu l’idée d’aller à la mairie de Fleury où pour un franc par mois, on lui loua une salle avec des fenêtres, des placards et surtout l’électricité. La salle derrière la mairie était loin des maisons les plus proches et on pouvait jouer à fond la caisse sans gêner personne.
En septembre 1968, le mec se retrouve à Poitiers pour y poursuivre (et essayez de les rattraper) ses études…Comme il est fils de cheminot, il peut rentrer gratos  tous les week-end  à Fleury et c’est répétition non stop Samedi et Dimanche de 9 heures du mat à 6 heures du soir…Les forçats du Blues..
On s’attaque à “help me“, “spoonfull“, “gloria “, “bye bye johnny“, “sunshine of your love“, “fried hockey boogie“, “wild thing “,  “heart full of soul“, et bien d’autres… Au bout de six mois de travail, le groupe est capable de jouer une vingtaine de titres.
D.W. décide que l’on peut commencer à se produire devant des gens…Par contre il faut résoudre le problème de la logistique. Personne dans le groupe n’a à l’époque de voiture ! Le mec a deux bons copains qui en ont : JCC et JMB. En plus ce sont des 4L, qui une fois les sièges arrières virés, se transforment en petit break !
Autre problème qui n’en est pas vraiment un, quel nom pour le groupe ?
Dans la mesure où on est tous fans des Cream, on décide de s’appeler The Blue Condition, dernier titre de la face 1 du second disque sorti en 1967…
On commence à jouer vers Pâques 1969 dans des “boums“ et ceci gratos. La mode est toujours au R’N’B et surtout au Creedence, donc on a peu de succès !
Durant l’été 1969, la mode change ! Le film Monterey Pop commence à sortir en France dans quelques salles et on y voit notamment Hendrix, les Who, les Canned Heat et surtout les radios commencent à diffuser les morceaux des stars de woodstock (Août 1969), Santana, Ten Years After, Hendrix, Jefferson Airplane, les who etc….
Du jour au lendemain, on se retrouve dans le vent et les gens nous trouvent “géniaux“………mais si, mais si !

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On joue un soir de semaine au club “La Patache“ à St Hilaire St Mesmin, où on a un succès d’estime vu le peu de gens présent…
La mairie ayant décidé de prêter à une autre association notre salle de répétition, on “négocie“ avec les responsables du “mille club“ pour nous y installer en échange de quelques concerts gratuits !..
C’est vraiment au mille club que l’on commence à être connu sur la région d’Orléans.
Entre temps notre jeune batteur part au service militaire et J.B. qui nous avait vu jouer, vient nous proposer de rejoindre le groupe. Il sera le nouveau batteur du groupe “ The Blue Condition“.
On décroche un contrat, un vrai, au Tumulus à Olivet…Le patron fait imprimer des petites affiches et l’imprimeur se trompe et nous nomme The Blues Condition“…C’est comme ça que l’on a changé de nom !
Le spectacle est mémorable !..On commence à s’installer sur scène et J.B. se rend compte que les cymbales sont restées à Fleury !. C.C. s’en va les chercher. Pendant ce temps là, la sono du club tombe en panne et le patron nous demande de jouer immédiatement. On attaque sans bassiste et sans cymbales. C’est la cata ! Comme il neige dehors, on se ramasse quelques boules de neige puis petite bagarre entre les jeunes venus des Aubrais et ceux de St jean de la Ruelle…Heureusement C.C. arrive avec les cymbales, on reprend et là c’est bon même très bon, on joue 5 fois 30 minutes…Notre copain JMB faisant office de manager, il passe récupérer le pognon. En fait on avait 1 franc par entrée, la salle était pleine (300 personnes) et le gérant lui annonce 110 entrées payantes. Double billetterie, on en tirera les leçons, on prend nos 110 francs et on se casse en jurant de ne plus se faire baiser à l’avenir, notamment en mettant un mec à nous à coté du c
aissier !
Début 1970, The Blues Condition continuent à bosser comme des bêtes pour être au niveau de ce que demandent leurs fans. On travaille des nouveaux morceaux, du Mayall, du Yardbirds et du Canned Heat  entre autres…Fin Janvier 70, plus précisément le 24, le mec a réussi à convaincre les organisateurs du bal de l’ENSMA de Poitiers (grande école d’ingénieurs de l’aéronautique !) de nous prendre pour animer une des trois salles de cet événement de la bonne société Pictave.
La salle est petite, même trop petite quand on voit la foule qui se presse à la porte pour écouter la musique distillée par les Blues Conditions (avec un s) comme le journal Centre Presse les a nommé. C’est certainement de la mémoire d’un des membres du groupe, l’un sinon le concert le plus achevé. Du délire, ça se termine quasiment à 2 heures du mat…Titi et Katia venus en train (pas cher car enfants de cheminots), le mec les a fait passer pour des choristes, sont aussi de la fête et doivent encore s’en souvenir…Tout le groupe, les choristes“ et les musicaux des autres groupes finissent la soirée autour d’une soupe à l’oignon et d’un peu de pinard…quel souvenir !
En Mars 1970, JB le batteur, se débrouille pour que le groupe soit la “vedette“ du gala de l’école de Dreux où il poursuit ses études sans jamais d’ailleurs les rattraper ! Grande Salle, sono merdique, public de blaireaux…On attaque avec Sunshine of your love…délire dans la salle, on continue par I’am her man des canned heat morceau moins connu, c’est le bide…On a compris, on jouera à la feuille les morceaux du hit parade y compris “Venus“ des schocking blue , et on finira par un What’d I say de 15 minutes…Public de merde mais dans les coulisses un responsable d’un orchestre de bal connu dans la région…
C’est un tournant de l’épopée des Blues Condition…Chacun des membres s’était endetté pour acheter son matos. Le célèbre Tony propose aux Blues Conditions de remplacer une partie de son orchestre et de leur laisser une heure par soirée pour distiller leur musique sous leur nom. En échange il nous garanti 150 France chacun par soirée….Néanmoins on reste libre de jouer là où on veut s’il n’a pas de contrat à cette date là…
Le répertoire de l’orchestre est surtout franco-français, et bal musette. Afin de le muscler un peu, le mec décide de chanter du Johnny et un peu n’importe quoi dès que c’est au Hit Parade ( ex= Tu veux ou tu veux pas !)…Ce qui est sympa c’est qu’il y a deux trompettes et un saxo, ce qui permet au mec de chanter du R’N’B.

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Le premier déplacement est épique ! Le concert est à Lurcy-Lévis, petite commune de l’allier au Sud Est de Bourges, à 3 heures de bagnole d’Orléans. Au bout d’à peine une heure, le pare-brise du J7 reçoit un caillou et se brise. C’est un samedi, et aucun garage n’est ouvert. On continue comme ça car Tony dit qu’en Mai, il ne fait pas froid…
Comme c’est de tradition dans les bals, l’organisateur nous paye de resto après que l’on ait installé le matos.
Vers 11h30 Tony explique au public qu’au sein de l’orchestre, il a la chance d’avoir un célèbre groupe de rock qui de retour d’une tournée en Angleterre, va régaler l’assistance de leurs compositions.
Il y a des endroits où quand on joue, on a l’impression que ceux qui nous applaudissent, le font parce que ça les change du hit parade merdeux d’Europe n° 1…Mais à Lurcy Levis ça n’a pas été le cas…On sentait que les gens aimaient et connaissaient la plupart de nos morceaux…du délire. Quand la soirée s’est achevée, on a discuté avec le jeunes qui étaient là et  un gars un peu plus vieux qui nous a expliqué qu’il était animateur de la maison de jeunes et qu’il avait fait découvrir aux ados de ce petit village, les Yardbirds, les Cream, Clapton, Hendrix, etc…Quel pied de faire plaisir à des gens qui aiment la même musique que nous…Le mec se souviendra toute sa vie de ce concert !
Comme deux ans auparavant, le mec participe aux “numéros uns de demain“  sponsorisés par Europe N°1. Cette fois ci, il a choisi une chanson de Claude Nougaro “Sing Sing Song…Tous les membres des Blues Conditions (Musiciens et Roadies (JCC & JMB)) sont dans la salle. Le mec finit second…Il a droit à la fin,  à un super compliment du guitariste : « je ne t’ai jamais entendu chanter si juste ! »…ça vous renvoie dans vos 18 mètres.
En cet été 1970, on a alterné bal et concert…On a eu la chance de participer à un mini festival Rock à St Cyr en Val (45). Trois groupes orléanais dont le mec ne se souvient plus exactement les noms (Black Sun devait en être !). Festival en plein air, du soleil, 5 à 600 personnes…On s’est défoncé et la foule a apprécié…Au sein de l’assistance, un journaliste que le mec avait rencontré chez Pomona alors qu’il faisait un reportage sur les jobs d’été des étudiants…Le journaleux ayant beaucoup apprécié The Blues Condition, il a pondu un super papier dans la république du centre, parlant de “woodstock“ à St Cyr en val et citant The Blues Condition comme le groupe majeur de l’événement…Une Bonne Pub pas chère !!!!!
MONTARGIS-001En fin d’été on joue en bal près d’un mois à Montargis…Alimentaire mais sympa surtout pour les repas pris avant de jouer où on ne suce pas que de la glace…
En septembre on décroche un contrat dans un Nignt Club près de Sens. Il y a deux “attractions “ nous et un noir américain style Otis Redding accompagné par des musiciens anglais. Ce black avait sorti des disques aux USA et avait été cité dans “Rock N Folk “ ..Il chante pendant 30 minutes sans un applaudissement, sauf quand il quitte la scène…Après quelques tubes braillés par la sono, c’est le tout des Blues Conditions…On y va comme d’hab et là c’est des applaudissements nourris et l’on doit même bissés certains morceaux…On s’arrête et alors que le public gueule “ Une Autre , Une autre », le mec explique au black et aux rosbifs, que les français ne sont pas capables de reconnaître les bons musiciens. Il les convainc de revenir faire un bœuf avec les blues conditions pour clôturer la soirée. On finit tous ensemble sur What’I say…
L’hiver se passe tranquillement, avec quelques bals car il fait plus froid et paradoxalement, on guinche moins…
Au printemps 1971, le Mec commence à fatiguer de ses aller-retour  entre Poitiers et Orléans et surtout il a envie que les blues condition fassent évoluer leur répertoire et se lancent dans la composition…Finalement le divorce entre Tony et lui se concrétise et il quitte l’orchestre….Peu de temps après c’est le tour du guitariste…C’est la fin des Blues Condition car les deux derniers partiront à leur tour…Les Blues Conditions c’étaient : Daniel Walczak (Guitare), Christian Chastel (Basse) , Joël Bricout (batterie) …Roadies (Jean-Claude Courage et Jean-Marie Beauclair)….Et le mec au chant et à la déconnade, votre serviteur Guy SOULAT…
C’est très à la mode de remonter des vieux groupes mais sans Daniel, et  Jean-Marie ce ne serait plus comme avant…. C’est la fin des Blues Condition ..

Guy Soulat

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24.01.1970 Poitiers ” l’ENSMA”

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